• Vassilis Alexakis est né à Athènes en 1944. Il est arrivé en France à dix-sept ans. Il a d’abord travaillé comme dessinateur humoristique, puis comme journaliste. Il a notamment collaboré au Monde.
    Il est également cinéaste, il a tourné en Grèce quatre films d’humour dont La Table et Les Athéniens, qui a obtenu le prix du meilleur film du festival de Chamrousse en 1991.
    Il a travaillé pour France Culture, dans le cadre des émissions Les Décraqués et Des Papous dans la tête.

    Le Sandwich, Julliard, 1974
    Les Girls du City-Boum-Boum, Julliard, 1975
    Talgo, Le Seuil, 1983
    Contrôle d’identité, Le Seuil, 1985
    Paris-Athènes, Le Seuil, 1989
    Avant, Le Seuil, 1989, Prix Albert Camus
    La Langue maternelle, Fayard, 1995, Prix Médicis
    Papa, Fayard, 1997, Prix de la Nouvelle de l’Académie française
    Le Cœur de Marguerite, Stock, 1999
    Les Mots étrangers, Stock, 2002
    Je t’oublierai tous les jours, Stock, 2005
    Ap. J.-C., Stock, 2007, Grand prix du roman de l ‘Académie française
    Le premier mot, Stock, 2010
    L’enfant grec, Stock, 2012
    L'ENFANT GREC
    C'est l'histoire d'un va-et-vient incessant entre deux jardins, celui de l'enfance, situé dans le quartier de Callithéa à Athènes, et le jardin du Luxembourg, où le narrateur erre péniblement, soutenu par ses béquilles. Il vient de subir une grosse opération, mais qui n'intéresse plus personne, sauf la dame qui tient les toilettes du jardin, un clochard nommé Ricardo, la directrice du théâtre de marionnettes et un vieil homme à cheveux blancs qui ressemble à Jean Valjean. La solitude fait peu à peu surgir autour de lui tous les héros de son enfance, ceux qui ont réellement fréquenté le Luxembourg, comme Jean Valjean et les trois mousquetaires, mais aussi Tarzan qui ne comprend pas pourquoi on construit des maisons autour des jardins alors qu'il y a tant de places dans les arbres, des orphelins, des pirates, des Indiens et Richelieu qui surveille tout ce petit monde à travers les fenêtres du Sénat. Il y a aussi la mort, représentée par une marionnette géante vêtue de blanc qui a des pattes de poulet à la place des mains, et une belle Italienne coulée dans du bronze. Le bruit du monde parvient assourdi jusqu'au jardin : on entend les cris des jeunes gens qui manifestent place de la Constitution à Athènes, on apprend que Zorba a dansé dans le Bundestag devant les députés allemands. Comme les romanciers aiment bien envoyer leurs personnages sous terre, dans les égouts ou dans les terriers, l'histoire finira dans les catacombes. Jean Valjean aura la bonté de porter le narrateur sur son dos. Comme on le devine, le personnage central du roman est la littérature.
    Monsieur le Maire, Excellences, Madame et Messieurs les Consuls, chers amis, chère Monique Mille,

    Monsieur le Maire, les membres du jury et moi-même sommes particulièrement sensibles à votre accueil. Nous nous sommes réunis afin de rendre hommage à Raoul Mille, ici, dans la ville qui l’a accueilli, inspiré. Nice au cœur de son œuvre.

    En 2003, désireuse de conforter les liens entre les pays européens, j’ai fondé le prix littéraire qui porte mon nom. Raoul Mille partageait cette même aspiration : initier un dialogue dont aucun pays ne serait exclu.
    D’éminents acteurs de la sphère littéraire se trouvaient déjà à nos côtés. Depuis, d‘autres encore ont rejoint le jury : membres de l’Académie française, écrivains, écrivains-journalistes, écrivains-éditeurs, critiques littéraires.

    A l’occasion de la remise de ce dixième prix littéraire, permettez-moi de les remercier pour le soutien apporté. Leur compétence fait autorité. Au cours de ces années nous avons couronné : Margaret Mazzantini et Simonetta Greggio, toutes deux italiennes ; la Slovène Brina Svit ; deux auteurs irlandais Joseph O’Connor et John Banville ; le Norvégien Per Petterson ; l’Ecossais John Burnside ; l’Espagnol Andrès Trapiello et le Britannique Ian McEwan.

    J’ai le plaisir de remettre aujourd’hui la dixième édition du Prix européen, ici, au Centre Universitaire Méditerranéen. Lieu qui ne pouvait mieux convenir pour vous décerner, Vassilis Alexakis, le Prix Littéraire Européen Madeleine Zepter 2012 pour L’Enfant grec. Ici, au bord de la Méditerranée - je vous cite : « Cette Méditerranée que tout jeune Grec apprend à considérer comme sa seconde patrie.»

    Ecrivain aux deux identités linguistiques, deux cultures, Vassilis Alexakis vous êtes certainement le plus francophone des auteurs grecs.
    J’ose dire que la langue française est bien le personnage de L’Enfant grec. Celui qui nous entraîne dans la mythologie du Jardin du Luxembourg. Vous puisez dans la littérature, convoquez les vivants et les morts.
    Marie de Médicis, Baudelaire et Lénine foulent ce jardin. Vous dissimulez votre nostalgie sous la cape de d’Artagnan et de Porthos rencontrés au détour d’une allée. Un couple devient la réincarnation de Cosette et de Jean Valjean.
    Vassilis Alexakis, vous que l’on qualifie, à juste titre, de Merlin grec, merci pour ce livre qui nous rend heureux.
    Quel bonheur de proclamer le 10e prix littéraire européen Madeleine Zepter ici, dans ce CUM ou je me sens un peu chez moi, dans cette ville de Nice que j'ai appris à aimer, sous les auspices de mon ami Christian Estrosi, député-maire de Nice, ancien ministre, dont je sais l'ambition de conforter le rayonnement culturel de sa ville.

    Il y a 10 ans, Madeleine Zepter m'a confié la présidence du jury de ce prix qu'elle souhaitait créer en France. Je connaissais déjà l'ampleur et l'opiniâtreté de son mécénat culturel : un prix designer qui sera décerné demain à Monaco, un opéra, une maison d'édition, une salle des ventes. Un généreux mécénat humanitaire -complète l'activisme inouï de cette femme qui, vraiment, mérite tous les hommages. Elle est dans le civil, comme on dit, l'épouse de Philip Zepter, un industriel serbe d'envergure internationale, spécialisé dans les ustensiles ménagers mais aussi dans la cosmétique et le luxe.

    Je connaissais aussi son attachement à l'Europe la vraie, pas celle des technocrates, celle qui pérennise l'héritage fastueux d'Athènes, de Rome et de leur joute judéo-chrétienne, et humaniste.

    Peu de jurys sont plus prestigieux que le nôtre : l'académicien Michel Déon, Dominique Bona, Franz- Olivier Giesbert, Patrick Poivre d'Arvor, Eric Neuhoff, Frédéric Beigbeder et Patrick Besson, le niçois Jacques Gantié et l'écrivain serbe Vladan Radoman qui a longtemps vécu à Nice. Il manque hélas un nom à cette liste : notre ami Raoul Mille, dont Christian Estrosi vient d'évoquer la mémoire. C'était une plume de bel aloi et un aimable compagnon qui par pudeur dissimulait sa mélancolie derrière une ironie de façade sans aucune méchanceté. Je crois le revoir, ici même avec sa barbe et son oeil malicieux, dans ce CUM où il m'accueillait toujours cordialement. En guise d'hommage, Madeleine Zepter a souhaité fêter le 10e anniversaire de son prix à Nice, sa ville d'adoption, qui a inspiré à Raoul de belles pages, dans ses romans et dans ses chroniques. Cette initiative qui eût enchanté Paul Valéry a été immédiatement soutenue par Christian Estrosi et Madeleine va donc remettre son prix à notre 10e lauréat. Ses neuf prédécesseurs sont tous des écrivains de renommée… européenne, et nous nous flattons d'avoir contribué à les faire mieux connaître dans les pays du continent.

    Notre lauréat n'est pas moins prestigieux. Il écrit en langue française mais il est grec. Le livre que nous avons élu très démocratiquement et dans une certaine unanimité est attachant. Le lauréat du 10e prix littéraire Madeleine Zepter est Alexis Vasilis, pour son roman « l'enfant grec ». paru aux Editions Stock. Je le félicite chaleureusement et je demande à Madeleine de lui remettre son prix.

    Merci de votre attention.
    C’est un honneur pour la ville de Nice d’accueillir la cérémonie de proclamation du Prix littéraire européen Madeleine Zepter.
    Nice est terre de littérature. Nietzsche trouvait dans nos paysages une douceur qui apaisait son esprit tourmenté, Maupassant voguait sur la Méditerranée pour goûter à la solitude, Tchekhov se reposait à la pension russe, Romain Gary a écrit ses premiers textes à deux pas d’ici, à deux pas du CUM.
    Notre prix Nobel de littérature, JMG Le Clézio, a nourri ses rêves d’aventure et de voyages en grandissant dans le quartier du port, Max Gallo a rejoint l’Académie française mais n’en oublie pas pour autant ses racines niçoises, Didier van Cauwelaert, malgré son exil parisien, reste l’enfant du pays, Louis Nucera a dépeint avec tendresse les petites gens et leurs grandes amours vécues dans notre cité.

    Et Raoul Mille, disparu il y a quelques mois, continue de nous transmettre, à travers ses textes, son attachement charnel à Nice. Raoul Mille était mon ami. Et il n’a eu de cesse d’œuvrer pour promouvoir et célébrer la littérature. Raoul Mille a instauré un programme de lutte contre l’illettrisme pour donner aux plus jeunes le goût de la lecture, le goût des mots, le goût de la langue. Raoul Mille n’a pas ménagé ses efforts pour que notre Festival du livre devienne un évènement incontournable, avec des invités prestigieux. Raoul Mille a contribué aussi à faire du CUM où j’ai le plaisir de vous voir réunis ce soir, et dont le premier administrateur fut Paul Valéry, un lieu culturel réputé où les intellectuels, les artistes, les écrivains, les penseurs de notre temps viennent partager leurs connaissances et leurs points de vue. Enfin, Raoul Mille était l’un des membres du prix littéraire européen Madeleine Zepter. Comme il aurait été heureux d’être parmi nous pour célébrer cette 10e édition ! Comme il aurait été heureux de prendre part à cette manifestation où Nice et la littérature sont intimement liées.

    C’est donc, je le disais, un grand honneur pour moi de vous accueillir sur notre terre de soleil qui, depuis si longtemps, inspire les écrivains, natifs d’ici ou d’ailleurs. Le Prix Littéraire Madeleine Zepter récompense, depuis 2003, l’auteur d’un roman européen, écrit ou traduit en français. Il nous rappelle ainsi à quel point la littérature est un art universel, à la fois fenêtre sur le monde et point de rencontre. La littérature est une peinture de l’homme dans toute sa complexité, quelques soient ses origines, quelle que soit son expérience de vie, quel que soit son port d’attache. Car à Rome ou à Paris, à Belgrade ou à Nice, à Berlin ou à Athènes, nous sommes tous touchés par les mêmes émerveillements, par les mêmes angoisses, par les mêmes questionnements. Un prix littéraire européen nous donne à voir ces émotions parées de couleurs différentes lorsqu’elles sont exprimées dans d’autres langues. Mais toujours, ces émotions nous unissent dans un même élan, dans une même espérance. Elles sont le lien entre les hommes et nous protègent ainsi de la solitude.

    Nice est située au cœur de la Méditerranée, carrefour culturel et commercial. Elle est l’illustration la plus flamboyante du savant mélange entre l’enracinement et l’ouverture. La remise de ce prix dans notre cité nous ouvre de nouveaux horizons. Elle répond à mon désir de voir Nice rayonner dans tous les pays du continent. En ces temps incertains où l’unité politique de l’Europe n’est pas encore au diapason de la communauté d’esprit de ses écrivains, votre initiative, chère Madeleine Zepter, mérite d’être saluée. Je sais la richesse et la variété de votre mécénat. Européens, nous le sommes tous au sens où vous l’entendez. Même si chacun a sa propre approche de l’idée européenne, nous aspirons tous à construire un continent solidaire, havre de paix et de démocratie, capable de faire briller l’excellence culturelle à travers le monde. Par son histoire et sa géographie, Nice est particulièrement qualifiée pour soutenir cet idéal.
    Chère Madeleine Zepter, je vous renouvelle mes remerciements et je laisse maintenant la parole à Denis Tillinac qui va nous dévoiler le nom du lauréat.
    Les membres du jury avec Mr. Vassilis Alexakis( le Laureat), Mr.Christian Estrosi, Mme Marland Militello et Mme Monique Mille
    • Les membres du jury avec  Mr. Vassilis Alexakis( le Laureat), Mr.Christian Estrosi, Mme Marland Militello et Mme Monique Mille
    • Mme Madeleine Zepter avec la journaliste Neda Valcic-Lazovic
    • Mme Marland Militello, Mr Denis Tillinac, Mme Madeleine Zepter
    • La famille Zepter
    • Mr et Mme Pierre Joanon
    • Mr Michel Deon, Mme Chantal Deon, Mme Madeleine Zepter
    • Mr Franz-Olivier Giesbert, Lepa Radunovic, Mr Vassilis Alexakis, Mr Denis Tillinac
    • Mr Patrick Poivre d’Arvor et Mr Franz-Olivier Giesbert
    • Mme Elke Todorovic, Mr Zoran Todorovic (tenor)
    • Mlle Hanna Kisrane, Mlle Carine Marret, Mr Christian Estrosi, Mr Denis Tillinac, Mme Mey Monidenda, Mme Marland Molitello, Mme Catherine Cosanic
    • Le discours de M. Christian Estrosi
    • Mme Monique Mille
    • Le discours de Mme Madeleine Zepter
    • Mr Vassilis Alexakis – le laureat et Mme Madeleine Zepter
    • Mr Danilo Tomatis, Mlle Mariana Mill, Mr Philip Zepter, Mme Giordana Mill, Mme Elke Todorovic, Mr Zoran Todorovic
    • Le Lauréat
  • Née en 1954 en Slovénie (ex-Yougoslavie) où elle fit ses études, Brina Svit, titulaire d’une maîtrise de littérature comparée et de français, vit à Paris depuis 1980. Journaliste, scénariste, réalisatrice de trois courts-métrages, Brina Svit est l’auteur de sept romans.  Une nuit à Reykjavik est son cinquième livre écrit en français.
    Brina Svit a publié aux éditions Gallimard :
    Con brio, 1998
    Mort d’une prima donna slovène, 2001
    Moreno, 2003
    Un cœur de trop, 2006
    Coco Dias ou la Porte Dorée, 2007
    Petit éloge de la rupture, 2009
    Une nuit à Reykjavik, 2011
    Une nuit à Reykjavik
    Lisbeth Sorel a-t-elle vraiment voulu payer Eduardo Ros, un « taxi dancer » rencontré à Buenos Aires, pour passer une nuit avec elle ? Rendez-vous est pris sur un autre continent, en  terre feu et de glace : en Islande, dans un hôtel de Reykjavik.  La nuit sera longue, la plus longue : de quatre heures de l’après-midi au lendemain midi. Sur un ton original, l’auteur rameute les souvenirs de son héroïne. Creusant le sillon de sa solitude, Lisbeth Sorel entraîne le lecteur dans les douleurs de sa  vie, livre ses failles et ses deuils. Ses rapports avec sa mère, l’ombre obsessionnelle de sa sœur Lucie. Unité de lieu, unité de temps sont  le théâtre d’une lumineuse renaissance apparue sous un ciel aux couleurs des peintures de Rothko.
    Ecrit en français, Une nuit à Reykjavik surprend tout en sachant ménager son lecteur. L’intrigue menée avec délicatesse est portée par un style pur, dense, fort des deux identités linguistiques de l’auteur.
    Excellences, Mesdames, Messieurs, mes chers amis…

    Parce que je crois en l’Europe des Lettres, je me fais une fierté d’avoir créé un prix littéraire qui en est aujourd’hui à sa neuvième édition.
    Ce prix décerné par un jury prestigieux récompense des écrivains de grand talent.
    Tout d’abord, je souhaite rendre hommage à Michel Mohrt, éminent membre de notre jury, disparu cet été. Il fut l’un des  premiers à soutenir mon initiative, à lui apporter la crédibilité  qui a favorisé son rayonnement.  A la fois historien de la littérature anglo-saxonne et si profondément amoureux de l’Italie, c’est bien un passeur des lettres que Jean d’Ormesson s’était réjoui  d’accueillir, en 1985,  à l’Académie française en tant que «  breton, catholique et sauvage».  Retenue et fougue caractérisent l’œuvre de Michel Mohrt. Auteur plusieurs fois distingué, Michel Mohrt,  Grand prix du roman de l’Académie française,areçu égalementde Prix littéraire de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.
    Comme Simonetta Greggio l’an passé, l’écrivain que  nous couronnons aujourd’hui écrit en français. C’est une Slovène : Brina Svit . Une nuit à Reykjavik est son cinquième livre en français. Deux identités linguistiques : c’est une force. Brina Svit, votre style porte avec subtilité une intrigue délicatement menée. Une femme désespérée, un homme  que l’on paie. Une escale pour une nuit choisie à Reykjavik, en plein hiver, sur les terres glacées d’Islande. Ce sera la nuit la plus longue. Une nuit à Reykjavik est l’histoire d’une lumineuse renaissance.
    Brina Svit, je suis heureuse de vous remettre ce neuvième prix littéraire européen.
    L'Europe politique, économique et financière a du plomb dans l'aile par les temps qui courent, à telle enseigne que d'aucuns doutent de sa survie. Il n'appartient pas aux créateurs d'en juger. Ils peuvent juste affirmer que l'Europe de la culture existe depuis l'antiquité gréco-latine et n'a pas envie de mourir. Une longue mémoire commune et des échanges permanents ont créé entre ses penseurs , ses écrivains et ses artistes un système riche et complexe de liens qui déterminent une sensibilité homogène en dépit de ses bigarrures.
    Armée de cette conviction, Madeleine Zepter, serbe donc européenne au sens plein du terme, a souhaité il y a neuf ans fonder un prix littéraire illustrant pour mieux la peréniser, la connivence des gens de lettres appartenant à notre continent. Le mécénat culturel et l'activisme humanitaire de Madeleine Zepter sont un modèle du genre apprécié comme tel partout en Europe. Elle a créé un opéra à Belgrade, une maison d'édition, une salle des ventes. Elle distribue de nombreuses bourses à des jeunes méritants, et outre notre prix littéraire, un prix de design réputé porte son nom. Dans le civil, Madeleine est l'épouse de mon ami Philippe Zepter, fondateur comme chacun le sait d'un groupe industriel d'envergure internationale et impliqué par conviction dans ce mécénat. Très généreusement doté, ce prix littéraire Madeleine Zepter récompense à la fin de chaque automne le roman d'un écrivain européen paru en langue française, ainsi que son traducteur. Madeleine Zepter a désiré qu'il soit remis à Paris, en hommage à une réputation de capitale littéraire que nous méritons peut-être encore. Ou pas. En tout cas nous sommes sensibles à ce choix qui nous vaut le plaisir d'être réunis ici comme pour parachever la saison littéraire. Madeleine a voulu un jury prestigieux. Elle m'a fait l'honneur et le plaisir de me demander de le présider mais ses membres y prétendraient plus légitimement que moi. Ce sont, Michèl Déon de l'Académie française, Dominique Bona, Franz Olivier Giesbert, Patrick Poivre d'Arvor, Frédéric Beigbeder, Patrick Besson, Jacques Gauthier, et trois écrivains dont je dois excuser l'absence, Éric Neuhoff en déplacement professionnel, Vladan Radoman et, Raoul Mille, malades.
    Pour cette neuvième édition, nos débats auront été brèfs, car très vite un roman nous a tous séduits et a recueilli une large majorité de suffrages. L'auteur est une femme, ce qui nous exonère de l'imputation de machisme. C'est une européenne de fraîche date sur le plan politique des identités nationales car son pays natal, la Slovénie, n'a été admis dans l'Union qu'au début du drame qui a ensanglanté l'ancienne Yougoslavie. Mais elle est remarquablement européenne par le fait qu'après avoir écrit dans sa langue natale- le Slovène, ça existe- plusieurs romans traduits en français, elle a écrit celui que nous couronnons en langue française. Le militant francophone que je suis y voit un bon augure.
    L'intrigue de ce roman se noue à Reykjavik- cette localité existe, c'est même la capitale de la Finlande. Avec un ton original, d'où l'humour ni l'ironie ne sont absents, la narratrice rameute ses souvenirs au long d'une nuit étrange, dans le commerce si l'on peut dire d'un danseur de tango Argentin censé la rejoindre depuis Buenos Aires juste pour une nuit, moyennant une copieuse rémunération. Aucune femme ne m'a proposé de l'argent pour aller lui témoigner ma virilité dans une chambre d'hôtel de Reykjavik . Ni d'ailleurs, hélas. Il est vrai que je danse comme une paire de tenailles .  Bref c'est un très beau roman, plein de tendresse et centré sur une héroïne, la soeur de la narratrice,qui a connu une fin pathétique. Il peint avec beaucoup de justesse l'âme  bléssée d'une femme que l'on peut considérer comme « moderne ».
    Il a déjà obtenu un prix important, le Renaudot, et nous sommes heureux d'ajouter à la liste brillante de nos lauréats la jeune Brina Svit -comme ça se prononce- pour son roman « Une nuit à Reykjavik ».
    Bien qu'habitué aux prix littéraires, Antoine Gallimard, éditeur de ce livre, partage certainement notre plaisir. Je le félicite amicalement d'avoir promu un nouveau talent sur la scène littéraire, après d'autres, avant d'autres j'espère car il est jeune encore puisqu'il a mon âge.
    Madeleine Zepter va remettre son prix à Brina. Merci de votre attention.
    Patrick Poivre D'Arvor, Madlena Zepter et Dusan Batakovic - Ambassadeur de Serbie à Paris
    • Brina Svit et Madeleine Zepter
    • Ambiance Fouquet's
    • Brina Svit
    • Madeleine Zepter présidente d'honneur
    • Denis Tillinac le Président du jury
    • Denis Tillinac Président du jury
    • Denis Tillinac et Jean-François Marc
    • Dusan Batakovic Ambassadeur Serbie à Paris et journalistes de Belgrade
    • Frédéric Beigbeder et Patrick Poivre d'Arvor
    • Frederic Beigbeder, Brina Svit, Denis Tillinac et Dominique Bona
    • L'atmosphère de Fouquet's
    • Les membres du jury avec le lauréat pour 2011, la Slovène Brina Svit
    • M L. Delcamp, Denis Tillinac et Noëlle Bine Muller
    • Michel Déon et Jacques Gantié
    • Patrick Besson et Lepa Radunovic
    • PPDA et Brina Svit
  • D'origine italienne, Simonetta Greggio écrit en français. Elle est née le 21 avril 1961 à Padoue, en Italie , et a fait ses études à la faculté de lettres de Venise. Arrivée à Paris en 1981, où elle vit depuis, elle a été journaliste pendant plusieurs années, collaborant à des revues et magazines divers dont City, Télérama, La Repubblica, Figaro Madame...

    Elle est l'auteur de quatre romans, parus chez Stock :
    La douceur des hommes (2005),
    Col de l'ange (2007),
    Les mains nues (2009)
    La Dolce vita (2010)
    Dolce Vitta 1959-1979
    1959. Le film de Federico Fellini, la Dolce vita, fait scandale en Italie, dans un pays pudibond tenu par l'Église ; il remporte la Palme d'or à Cannes en 1960. Son succès signe le début d'une ère pleine de promesses et de libertés qui rompt avec les années de pauvreté de l'après-guerre.

    1969. Une bombe explose à Milan et fait seize morts. C'est un massacre, le premier d'une longue série, qui voit le pays durablement endeuillé par les actes de terrorisme.

    2010. Le prince Malo se confie au prêtre Saverio. À quatre-vingts ans passés, il sait qu'il ne lui reste que peu de temps à vivre. Sa confession porte sur son existence dissolue, celle d'une aristocratie décadente, et les secrets hautement politiques qu'il a tus jusque-là. Il est l'un des derniers témoins des années les plus glamour et les plus sombres de l'Italie.

    Pourquoi et comment ce pays que nous avons tant aimé a-t-il basculé dans le rouge et le noir ? Livre d'investigation construit comme un scénario de film avec flash-back et plans séquences, Dolce vita est le roman de l'Italie entre 1959 et 1979. Affaires de moeurs, scandales financiers, Brigades rouges, enlèvement et meurtre de Moro, mort du réalisateur et poète Pasolini, Cosa Nostra, Vatican… Toutes les grandes affaires qui ont traversé ce pays durant vingt ans sont évoquées ici. Les événements éclairés, les liens occultes mis au jour. Dans la trame du récit se détache peu à peu un fil de sang tissé entre Vatican, Loge maçonnique déviée P2 et Mafia, tandis que se dessine l'ombre d'une autre puissance, l'Amérique, à laquelle l'Italie doit sa libération et un nouveau, plus discret, asservissement.

    Dessinant le portrait fascinant d'un pays voisin infiniment romanesque, Dolce vita donne les clés de l'Italie d'aujourd'hui, celle d'un Berlusconi tragicomique. Racontée par le dernier Guépard, son histoire a la saveur douce amère et le charme vénéneux d'une fin de règne qui n'en finit plus, car un pays qui ne fait pas les comptes avec son passé est un pays qui ne cesse de le payer.
    Excellences, Mesdames, Messieurs, chers amis

    Nous voici donc réunis pour décerner, pour la huitième fois, le prix que j'ai fondé, désireuse d'apporter ma contribution à l'édifice européen. L'Europe des lettres est une réalité que les éminents membres du jury et moi-même soutenons avec conviction. C'est bien de l'Histoire de l'Europe dont il s'agit aujourd'hui en récompensant Simonetta Greggio, pour Dolce Vita 1959-1979.

    Ce roman de l'Italie au sortir de la guerre, est un livre d'investigation sur toutes les grandes affaires qui ont traversé le pays : mœurs, scandales, finance, Brigades rouges….Récit du dernier « Guépard », celui du prince Malo, récit sous la forme de flashs back, entre enquête et essai historique. C'est toute la restitution d'une époque, une fresque qui raconte vingt ans de l'Italie, mais explique les trente années suivantes. L'Italie comme nous ne l'avions jamais encore lue. De description en dénonciation, Simonetta Greggio vous avez parfaitement réussi cet ouvrage sur votre pays. Ce portrait fascinant qui nous donne les clés de l'Italie d'aujourd'hui.

    Je suis heureuse de vous remettre ce prix. C'est la première fois que nous distinguons l'auteur d'un ouvrage écrit en français, remis, ici, à Paris. Paris que j'ai choisie parce qu'elle est la capitale des lettres.
    La traduction politique de l'idée européenne laisse à désirer. Pourtant, un même héritage sprituel, intellectuel et esthétique détermine naturellement une communauté de destin. D'Athènes à Dublin et de Lisbonne à Riga en passant par Belgrade on pense, on créé, on poétise, on rêve, on se révolte sur une trame commune de référence. L'histoire nous a divisé, l'art nous restitue notre identité culturelle. Peu ou prou nous ressemblons encore à ces personnages des romans de Stefan Zweig qui pérégrinaient dans les hauts lieux de la civilisation européenne et fraternisaient avec des mots de passe communs. C'est pour pérenniser ces liens précieux que Madeleine Zepter a fondé il y a neuf ans un Prix littéraire européen. Cette initiative parachève un activisme culturel remarquable par son ampleur et sa ténacité. L'épouse de Philippe Zepter- industriel serbe dont le groupe spécialisé dans l'équipement ménager, le cosmétique, la joaillerie rayonne dans le monde entier, ne cesse depuis 15 ans d'initier, de financer et d'animer des actions culturelles d'envergure- un opéra privé à Belgrade, une maison d'édition, un musée d'art contemporain, une salle de ventes aux enchères, un prix international de design, une fondation, des bourses pour les étudiants. Le tout représentant des dizaines de millions d'euros. Et surtout, attestant une énergique quasi prométhéenne. C'est dans le sillage de ce mécénat, de plus en plus reconnu en Europe, qu'existe le prix littéraire Madeleine Zepter dont j'ai l'honneur de présider le jury. Un jury particulièrement prestigieux car l'académicien Michel Déon y encadre Dominique Bona, Franz Olivier Giesbert, PPDA, Frédéric Becgbeder, Philippe Besson, Éric Neuhoff , Jacques Gantier, Raoul Mille et l'écrivain serbe vladan Radoman. Ces amis si différents quant-à la sensibilité littéraire- les empoignades du jury en témoignent -partagent les convictions de Madeleine Zepter : l'Europe est encore une réalité vivante et rayonnante dans l'expression de son génie littéraire et il nous incombe d'en témoigner en abolissant les frontières de nos langues, pour conjurer la menace d'une normalisation des imaginaires. À cet égard, quoi de plus opportun qu'un prix littéraire européen, récompensant chaque automne un romancier européen au sens large: la péninsule balkanique fait partie intégrante de l'Europe qui nous importe. En décidant de remettre ce prix ici, et de confier à des écrivains français le choix du lauréat, Madeleine Zepter consacre la dignité de capitale littéraire de Paris. Je ne sais si nous méritons cet honneur mais nous savons gré à Madeleine de l'estimer. Après huit lauréats de réelle envergure, qui tous ont fini par être reconnus en dehors de leur patrie, celui de cette saison incarne à merveille la notion de culture européenne. C'est une femme et les Européens ne sont pas misogynes. Juste un peu macho dans mon cas,mais j'ai rendu les armes car le livre que nous couronnons m'a beaucoup séduit. C'est une italienne et notre dette vis-à-vis de la culture italienne va sans dire, depuis l'époque des Césars puis des Papes jusqu'à la cinnecita des années 60. Justement, notre lauréate ressuscite les riches heures du cinéma italien autour de la ligne de Fellini, Visconti, Fellini, Pasolini, Bertolucci, Antognoni, Rosi, Risi, etc. tous ces « i » bien italiens, et tellement européens. Cette lauréate s'appelle Simonetta Greggio et son livre « Dolce Vita » a paru aux éditions stock. « Dolce Vita » : le film est devenu un mythe, il nous berce de nostalgie et Simonetta Greggio a fait de cette nostalgie, un miel litteraire délectable. Je la félicite trés cordialement, ainsi que son éditeur et sa traductrice Nicoletta Pacetta et je passe la parole à Madeleine Zepter qui va remettre le Grand prix littéraire européen.
    Patrick Poivre D'Arvor, Madlena Zepter et Dusan Batakovic - Ambassadeur de Serbie à Paris
    • Patrick Poivre D'Arvor, Madlena Zepter et Dusan Batakovic - Ambassadeur de Serbie à Paris
    • Franz Olivier Giesbert, Lepa Radunovic, Frederic Beigbeder, Madeleine Zepter
    • Patrick Poivre d'Arvor et Lepa Radunovic
    • Les membres du jury avec la Lauréat
    • La lauréat - Simonetta Greggio
    • Madlena Zepter et Denis Tillinac
    • Michel Déon avec sa femme, Yves Simon avec sa compagne.
    • Milena Radoman, Marie Laure Delcamp
    • Mr Philip Zepter et Sionetta Gregio
    • Denis Tillinac, Serge Tell
    • Patrick Besson, Jacques Gantié, Eric Neuhoff
    • Tilla Rudel, Denis Tillinac, Lepa Radunovic
    • Denis Tillinac avec Michel Déon et sa femme
  • John Burnside est né le 19 mars 1955 dans le Fife, en Ecosse, où il vit actuellement. Il a étudié au Collège des Arts et Technologies de Cambridge. Ancien écrivain de la Résidence de l'Université Dundee, il enseigne aujourd'hui à l'Université de St Andrews. Son premier recueil de poésie, The Hoop, est publié en 1998, et lui vaut de nombreuses récompenses. En 2000 il a reçu, notamment, le prix Whitebread de poésie. Il est aussi l'auteur d'un recueil de nouvelles et de plusieurs romans, tels que La Maison muette (Métailié, 2003), Prix Charles Baudelaire de la Traduction, Une Vie nulle part (Métailié, 2005), et Les Empreintes du Diable (Métailié, 2006). Il vient derecevoir le Prix Littéraire Européen Madeleine Zepter 2009 pour son roman « Un mensonge sur mon père (Métailié, 2009).
    Le Mot de l'éditeur : Un mensonge sur mon père
    "Mon père a passé sa vie à dire des mensonges et, parce que je ne savais pas faire autrement, je les ai répétés. Mon monde était un tissu de mensonges, grands et petits, sur tout." Le mensonge dans le titre de cet étonnant récit est né de la honte. En voyageant au nord de l'Etat de New York dans les années 90, John Burnside ne peut pas supporter de partager la vérité sur son père lors d'une conversation de rencontre avec un autostoppeur. Il dissimule son malaise sous un mensonge. Ce qui lui est naturel.

    Son père, abandonné quand il était bébé devant la porte d'un inconnu, a créé un remarquable réseau de mensonges pour effacer cet événement insupportable. John, dès son enfance, a représenté tout ce qui n'allait pas dans le monde et il est devenu le destinataire de la haine de soi de son père sous la forme d'une violence furieuse et, pire, d'une humiliation mesquine et cruelle. John a grandi au contact rude de la classe laborieuse écossaise puis ensuite anglaise ; il a appris à mentir à son père, puis, plus tard, sur son père. « Un livre écrit par un maître de la langue, qui pousse le langage à ses limites. Minutieux, souple et généreux, c'est un livre sur le mensonge qui est plus vrai que tout ce qu'on peut dire. » Hilary Mantel, London Review of Books
    Monsieur le Ministre, excellence, mesdames, messieurs, mes chers amis,
    Je suis très heureuse de décerner ce septième prix littéraire européen qui porte mon nom. Plus que jamais je crois au pouvoir des mots. Ces mots qui nous rapprochent, ces mots passeurs d'émotion, ces mots qui relient les hommes en se jouant des frontières. Je crois la force du style. A la toute puissance de la culture capable de renforcer le lien européen auquel j'ai souhaité apporter ma contribution.

    Parmi de nombreux romans proposés, le jury a choisi de couronner Un mensonge sur mon père de John Burnside, un livre poignant, une histoire écrite avec un stylet, disséquant avec une minutie les rapports de pure haine entre un enfant et son père. La recherche de soi-même dans l'image, dans le souvenir et les mensonges d'un père détesté. Comment ne pas voir en soi ce qui ressemble à la déchéance d'un tel père ? Le mal insidieux ? Comment transcender le sordide quand on est aspiré par une telle filiation ? Contre toute attente, l'auteur démontrera que l'on peut gérer une telle descente aux enfers, abandonner le mauvais génie de la destruction. Merci John Burnside pour ce récit profond, qui, au final, démontre que l'on peut se défaire de ses gènes les plus noirs. Merci pour ce grand livre, pour son message d'espoir.

    J'ai choisi de décerner ce prix à Paris afin de rendre hommage à la langue française. Il était juste que ce prix européen récompense, aussi, pour la qualité de son travail, Catherine Richard, la traductrice du roman.

    Je tiens, aussi, à souhaiter un heureux anniversaire aux Editions Métailié qui, cet automne, viennent de fêter leur trente années d'existence.
    Nous allons décerner le Septième Prix littéraire européen Madeleine Zepter. Ce prix, généreusement doté, récompense un écrivain auteur d'un roman paru dans l'année. Un écrivain européen, au sens large du terme, car l'intention de Madeleine Zepter, la fondatrice, est de contribuer à la consolidation de l'unité culturelle de notre continent, et à resserrer les liens entre créateurs et médias de nos différents pays. Le cloisonnement en effet limite leur influence.
    Madeleine Zepter, de nationalité Serbe, est l'épouse d'un industriel, Philippe Zepter, dont le groupe rayonne dans le monde entier. La boutique Zepter du boulevard Saint Germain donne une idée de sa production dans le domaine de l'équipement ménager, du design, mais aussi dans le cosmétique. Le mécénat de Madeleine force l'admiration par son importance et sa continuité. Elle a créé un opéra à Belgrade où se produisent nos compagnies et nos orchestres, une maison d'édition, un prix de design qui a été décerné hier, et ce prix littéraire, dont j'ai l'honneur de présider le prestigieux jury. Les auteurs que nous couronnons depuis sept ans sont tous reconnus dans leur pays, notre prix leur a permis de propager leur notoriété d'écrivains hors les frontières de leur pays.
    Je veux remercier Michel Déon, de l'Académie Française, Dominique Bona, Franz-Olivier Giesbert, membres du jury Renaudot, Patrick Poivre d'Arvor, Frédéric Beigbeder, Patrick Besson, Eric Neuhoff et Raoul Mille, tous anciens – ou récents – lauréats de prix réputés, ainsi que Vladan Radoman et J… Gautier, pour la qualité de leur travail. Je remercie Madeleine Zepter d'honorer la tradition littéraire de notre capitale en ayant décidé d'y décerner son prix. Elle mérite notre gratitude pour cet activisme culturel formidable, et je crois savoir que nos hautes autorités ne l'ignorent pas.
    Et maintenant, le lauréat. Au terme de débats acharnés, le Prix littéraire européen Madeleine Zepter a été attribué à l'écrivain écossais John BURNSIDE pour le roman Un mensonge de mon père, paru aux Éditions Anne-Marie MÉTAILLÉ. Cette éditrice s'est acquis au fil du temps une réputation flatteuse et méritée dans le monde littéraire parisien. Par l'effet d'un hasard heureux, elle fête le trentième anniversaire de sa maison d'édition.
    Ce bau roman de John BURNSIDE a été traduit de l'anglais par Madame Catherine RICHARD, qui sera également récompensée car Madeleine et convaincue à juste titre de l'importance du métier de traducteur littéraire.
    Je félicite John BURNSIDE, je souhaite un bon anniversaire à Madame MÉTAILLÉ et j'invite le lauréat à venir recevoir son prix des mains de Madeleine Zepter.
    "Un mensonge sur mon père" de John Burnside, Prix Littéraire Européen Madeleine Zepter 2009
    • Un mensonge sur mon père de John Burnside, Prix Littéraire Européen Madeleine Zepter 2009
    • Echange passionné entre Patrick Besson et Michel Déon, académicien
    • Cocktail au Fouquet's, Philip Zepter et Franz-Olivier Giesbert
    • Patrick Poivre d'Arvor
    • Patrick Poivre d'Arvor annonce le nom du lauréat 2009 en présence des membres du jury
    • Frédéric Beigbeder présente le roman
    • Les représentants de l'Ambassade d'Allemagne
    • Milisav Jankovic, Fabienne Jankovic, Philip Zepter, Diana Zepter
    • Frédéric Beigbeder, Dominique Bona, Franz-Olivier Giesbert et Eric Neuhoff
    • Madeleine Zepter félicite le lauréat, John Burnside
    • Catherine Richard, traductrice; Madeleine Zepter, présidente d'honneur et mécène; John Burnside, lauréat 2009; Marie-France Métaillié, éditeur; Denis Tillinac, président du jury
    • John Burnside, lauréat 2009 du Prix Littéraire Européen Madeleine Zepter
    • Madeleine Zepter et Jacques Gantié
    • Fabienne Tiemann-Jankovic, Lepa Radunovic, Frédéric Beigbeder,John Burnside, Diana Zepter et Milisav Jankovic
    • Cocktail au Fouquet's
    • Peter Handke, Madeleine Zepter et le compositeur Ivan Jevtic
  • Romancier et scénariste britannique, Ian McEwan est né en 1948 à Aldershot en Angleterre. Il a fait ses études à l’University of Sussex et l’University of East Anglia, où il a été le premier diplômé du cours d’écriture créative créé par Malcolm Bradbury. Dès le début des années 1980, Ian McEwan s’impose sur la scène littéraire britannique avec deux recueils de nouvelles, First Love, Last Rites (1975) et In Between the Sheets (1978), traduits de manière incomplète en France en un seul volume : Premier amour, derniers rites. McEwan s’y montre fasciné par la perversion et l’interdit. Il explore tous les fantasmes les plus bizarres de la sexualité, les outrances et les excès auxquels l’amour peut conduire : crimes passionnels, crimes sadiques… Avec lui, le mal rôde sous le masque de la banale réalité quotidienne, remettant en question la normalité et l’innocence. First Love, last rites remporte le prix Somerset Maugham Award en 1976. Viendront ensuite des romans et de nombreuses pièces radiophoniques. L’Enfant volé (The Child in Time) publié en 1987 évoque la difficulté pour des parents de surmonter le rapt de leur enfant. Le roman se voit récompensé par le Prix Fémina étranger en 1993. L’univers de McEwan est un monde sordide où règne un malaise permanent. Entre le thriller et le roman psychologique, Délire d’amour (Enduring Love, 1997), sommet d’humour noir et de cruauté, nous fait découvrir les affres de l’obsession et l’ambiguïté qui s’installe entre l’obsédé et l’objet de son obsession. En 1998, l’auteur reçoit le Booker Prize pour Amsterdam (Amsterdam, 1998), roman où s’affrontent quatre notables : le mari et les trois amants d’une femme décédée. Insolite et insolente, provocatrice, hautement originale, l’œuvre de Ian McEwan surprend par ses tours de force de concision et d’humour. L’auteur joue avec les énigmes qui sont l’essence de la narration. Tous ses romans affichent une parentée lointaine, sous forme de simulacre, avec l’énigme policière.
    Ian McEwan est membre de la Royal Society of Literature, de la Royal Society of Arts, et de l’American Academy of Arts and Sciences
    En 2000, il a été fait Commandeur de l'Order of the British Empire.
    Sur la Plage de Chesil
    "Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible..." Le soir de leur mariage, Edward Mayhew et Florence Ponting se retrouvent enfin seuls dans la vieille auberge du Dorset où ils sont venus passer leur lune de miel. Mais en 1962, dans l'Angleterre d'avant la révolution sexuelle, on ne se débarasse pas si facilement de ses inhibitions et du poids du passé. Les peurs et les espoirs du jeune historien et de la violoniste prometteuse transforment très vite leur nuit de noces en épreuve de vérité où rien ne se déroule selon le scénario prévu. Dans ce roman dérangeant, magistralement rythmé par l'alternance des points de vue et la présence obsédante de la nature, Ian McEwan excelle une nouvelle fois à distiller l'ambiguïté, et à isoler ces moments révélateurs où bifurque le cours d'une vie.
    Madame le Ministre, excellences, mesdames, messieurs,

    Je suis très heureuse de vous accueillir à l’occasion de la sixième édition du prix littéraire européen qui porte mon nom.
    Nous vivons une époque trouble. Les guerres, les famines, la crise financière mondiale, les résurgences de très anciennes haines tribales, même au sein de l’Europe, sont au cœur des préoccupations de tous.
    Au commencement était le verbe : l’expression de la pensée par les mots. Ces mots qui seuls sont capables de nous rapprocher les uns des autres, de transmettre la culture entre les peuples. Je crois à la magie des mots, à la force contagieuse des émotions, à la puissance du style. Depuis six ans ce prix a permis aux lauréats, déjà reconnus dans leur pays, d’aller vers de nouveaux lecteurs.
    Le jury a choisi cette année de récompenser Ian McEwan, pour son roman : « Sur la plage de Chesil ». Ian McEwan est l’un des écrivains anglais les plus doués de sa génération, qui traite magistralement du rapport équivoque entre les femmes et les hommes. « Sur la plage du Chesil » relate avec une ironie glaçante les turbulences d’une nuit de noces. Celles d’un jeune couple perdu dans les inhibitions des années soixante. Ce roman est admirablement rythmé par les points de vue de chacun. Pour un geste qui n’a pas été fait, ou un mot qui n’a pas été prononcé, le cours de leur vie sera à jamais changé.
    Je suis heureuse, Ian McEwan, que vous participiez avec nous à l’édification de cette « grande maison Europe ». Merci.
    L’unité de l’Europe, si difficile à mettre en oeuvre, coule pourtant de source dans l’ordre culturel et il incombait à une Serbe d’en promouvoir l’illustration symbolique.

    Aussi, dans le cadre d’un mécénat voué à tous les aspects de la création, Madeleine Zepter a décidé de fonder le Prix littéraire Européen, dont j’ai l’honneur de présider le jury.

    Depuis six ans, il distingue l’auteur d’un roman paru en France. La liste des lauréats témoigne de son rayonnement : les écrivains récompensés étaient tous reconnus dans leur pays ; ce prix généreusement doté leur a permis d’élargir leur audience au delà de leurs frontières.

    Le choix de notre capitale pour la cérémonie de remise prouve la vocation littéraire de la France ; la qualité du jury souligne l’importance d’une initiative qui désormais ponctue la saison littéraire parisienne à la fi n de l’automne. Je suis ravi et fi er de pouvoir exprimer, grâce au bel activisme de Madeleine Zepter, ma gratitude aux sources vives de ma culture.
    Ian McEwan, lauréat 2008 et Madeleine Zepter, présidente d'honneur du jury
    • Ian McEwan, lauréat 2008 et Madeleine Zepter, présidente d'honneur du jury
    • Eric Neuhoff et Vladan Radoman, membres du jury
    • Patrick Besson, Raoul Mille, membres du jury
    • Dominique Bona
    • Les membres du jury entourant le lauréat, Ian McEwan
    • Denis Tillinac, Madeleine Zepter, Ian McEwan, Patrick Besson
    • Erick Neuhoff, Patrick Besson, Madeleine Zepter
    • Ian McEwan
    • Ambiance Fouquet's
    • Franz Olivier Giesbert et Patrick Poivre d’Arvor
    • Denis Tillinac
    • Ambiance Fouquet's
    • M. Antoine Gallimard et Mme Polak, journaliste
    • Eric Neuhoff, Patrick Besson et Madeleine Zepter
  • Né à Wexford, en Irlande, en 1945, John Banville vit à Dublin. Depuis ses débuts, l'œuvre de cet " orfèvre des mots " a été récompensée par de nombreux grands prix littéraires. Avec La Mer, plébiscitée par la critique et le public anglais, publiée dans une trentaine de pays, il a remporté le plus prestigieux d'entre eux : le Booker Prize. Ses derniers romans, Eclipse (2002), Impostures (2003) et Athéna (2005) sont également parus chez Robert Laffont, dans la collection " Pavillons ".
    " Anna est morte avant l'aube. À dire vrai, je n'étais pas là quand c'est arrivé. J'étais allé sur le perron de la clinique respirer à fond l'air noir et lustré du matin. Et pendant ce moment si calme, si lugubre, j'ai repensé à un autre moment, des années auparavant, dans l'eau, ce fameux été à Ballymoins. J'étais allé nager tout seul, je ne sais pas pourquoi, ni où Chloé et Myles étaient passés ; sans doute étaient-ils partis quelque part avec leurs parents, ce devait être une des dernières balades qu'ils ont faites ensemble, la toute dernière peut-être. " Après la mort de sa femme, Max se réfugie dans le petit village du bord de mer où, enfant, il vécut l'été qui allait façonner le reste de son existence. Assailli par le chagrin, la colère, la douleur de la vie sans Anna, Max va comprendre ce qui s'est vraiment produit, cet été-là. Comprendre pourquoi " le passé cogne en lui, comme un second cœur ".
    Excellences, mesdames, messieurs,

    Nous voilà à nouveau réunis pour célébrer, entre amis, la cinquième édition de Prix Littéraire Européen qui porte mon nom. Entourée de mes fidèles compagnons de route, tout comme moi amoureux des livres, mon regard peut se tourner vers l'avenir afin de poursuivre cette mission qui me tient à cœur : servir la beauté pour l’ensemencer à travers le monde.
    J’ai eu cette année la joie de réaliser, à Monaco, l’exposition des œuvres du grand sculpteur Dzamonja, de donner une série de représentations des «Misérables» au Madlenianum, mon opéra belgradois, de remettre le prix littéraire « Plume féminine », dont je suis également la mécène, d’organiser les expositions ArtZept au Kazakhstan, en Roumanie et en Hongrie.
    Je me demande parfois ce qui anime cette quête permanente. J'ai revu dans un rêve le titre d’un livre lu dans la prime jeunesse : « Le Beau geste ». Un roman dit populaire, écrit par un auteur aujourd'hui oublié, un livre peut-être un peu naïf mais rempli de bons sentiments, d’exotisme, de descriptions d'aventures et de la fraternité entre les hommes. J'avais alors sept ans, grand besoin de rêver et déjà la certitude que d’accomplir de beaux gestes serait la devise de ma vie. Merci Percival Wren. Un Britannique, déjà ! Car le jury a choisi de récompenser l’écrivain irlandais : John Banville   Nous avons été séduits par sa manière de traiter le  sujet le plus usité de la littérature mondiale, le sujet le plus simple, mais aussi le divers et le plus compliqué : la vie d'un homme.  Son style d'apparence désinvolte a redonné une nouvelle  fraîcheur à l'enfance, une pudeur inédite aux émois de l'adolescence, un goût  amer à la mer et à  la mort.
    Sachez aussi que cette année nous avons choisi d’innover en remettant également un prix au traducteur de l’ouvrage couronné. Nous récompensons Michèle Albaret Maatsh pour la qualité de son travail.
    L’Europe politique tarde à s’affirmer, mais l’unité foncière de la culture européenne est une évidence. Tributaire des mêmes héritages, l’âme des peuples de notre continent aspire au même épanouissement.
    C’est dans cet esprit que Madeleine Zepter a décidé il y a cinq ans de créer un prix littéraire ouvert aux écrivains européens. Elle a souhaité que ce prix soit décerné à Paris, en guise d’hommage à la place de la France dans l’histoire de la littérature.
    Deux nouveaux membres viennent compléter le jury déjà prestigieux que j’ai l’honneur de présider : Dominique BONA et Frédéric BEIGBEDER. Ces deux amis enrichiront nos débats et je suis sûr que le lauréat de l’année 2007 sera digne de ses prédécesseurs, qui ont tous accédé à la notoriété hors les frontières de leur pays respectif. En outre, Madeleine Zepter a décidé de récompenser le traducteur du livre qui sera primé. Cette heureuse innovation reflète un souci de promouvoir un personnage essentiel pour l’édification d’une conscience européenne : le passeur de langue. Elle s’inscrit dans un activisme culturel qui vise à promouvoir une Europe plus soudée et plus soucieuse de renouer avec ses sources éthiques et esthétiques. Autant dire que Madeleine Zepter soutient une noble cause. Je suis heureux et fier de l’aider - en tant qu’écrivain français et en tant que citoyen de l’Europe littéraire.
    Son Excellence Monsieur Henri Lopez - Ambassadeur de la République du Congo, Jean Brousse
    • Son Excellence Monsieur Henri Lopez - Ambassadeur de la République du Congo, Jean Brousse
    • John Banville
    • John Banville avec les éditeurs
    • John Banville et Madeleine Zepter
    • Patrick Besson
    • Denis Tillinac, président du jury entouré de Madeleine Zepter et des membres du jury
    • Remise du prix littéraire au Fouquet's
    • Franz-Olivier Giesbert, Lepa Radunovic et Madeleine Zepter
    • Vladan Radoman, Dominique Bona, Madeleine Zepter, John Banville, Denis Tillinac, Jacques Gantié, Patrick Besson, Franz-Olivier Giesbert, Patrick Poivre d’Arvor
    • Remise du prix littéraire au Fouquet's
    • Anne Anderson, John Banville, Madeleine Zepter
    • Dominique Bona, Patrick Besson, Patrick Poivre d’Arvor, Franz Olivier Giesbert
    • Raoul Mille, Denis Tillinac
    • Franz Olivier Giesbert et Patrick Besson
    • Madeleine Zepter, Jacques Gantié, Eric Neuhoff
  • Per Petterson (né en 1952) a été libraire de nombreuses années puis auteur et traducteur avant de publier son premier livre en 1987, « Aske que je munnen, skoa du sable » (Cendre dans la bouche, sable dans la chaussure, un recueil de nouvelles. Ce livre a été salué comme étant l’un des débuts littéraires les plus sensationnels de la décennie. Depuis, il a écrit cinq romans qui ont assis sa réputation de romancier parmi les plus importants de Norvège. Il s’agit d’Ekkoland (1989), Det er greit for meg (1992), Jusqu’en Sibérie (1996), Dans le sillage (2000) et Pas facile de voler les chevaux (2003).
    Pour Jusqu’en Sibérie, Petterson a été nommé pour le Prix littéraire du Conseil nordique et le Prix littéraire international d’IMPAC Dublin. Pour Dans le sillage, il a reçu un prix littéraire norvégien prestigieux, Brageprisen, et était sélectionné pour le Prix du roman étranger.
    Pas facile de voler les chevaux a reçu le Prix du meilleur roman étranger en Angleterre ainsi que le Prix de la Critique des libraires norvégiens pour le meilleur roman. Il a été également sélectionné pour le Prix Médicis en France. En outre , Pas facile de voler les chevaux fait partie des 25 meilleurs livres norvégiens de ces 25 dernières années. L’ouvrage a été vendu à plus de 150 000 exemplaires en Norvège et il est resté sur la liste des best-sellers pendant plus de 70 semaines.
    Le roman a été traduit en 18 langues dont le français, l’allemand et l’anglais...
    Pas facile de voler les chevaux
    Eté 1948. Trond a quinze ans et il est heureux d'être seul avec son père en vacances, dans un village près de la frontière suédoise. Il y retrouve son camarade Jon qui lui propose un matin d'aller 'voler des chevaux'. Il s'agit en réalité d'emprunter les chevaux d'un propriétaire terrien pour une petite échappée. Trond accepte et l'aventure se termine mal pour lui : il tombe de cheval et se blesse, puis assiste, impuissant, à une étrange explosion de rage et de violence chez son ami. Son père lui apprend alors que la veille, un effroyable accident est survenu dans la famille de Jon qui quitte le village peu après. Trond passe alors le reste de l'été en compagnie de son père. Quand un voisin lui apprend que ce dernier a été un membre actif de la Résistance pendant l'Occupation de la Norvège, il ne se doute pas encore que les événements dramatiques survenus pendant la Seconde guerre mondiale vont jeter leur ombre sur sa propre famille et lui ravir son père. Plus de 50 ans après, Trond décide de se retirer à la campagne norvégienne. Il a le sentiment que son rêve de quiétude est en passe de se réaliser mais un soir, il fait la connaissance de son voisin Lars, le petit frère de Jon.
    Excellences, Mesdames, Messieurs,

    Nous poursuivons ensemble notre voyage. Pour la quatrième édition du Prix Madeleine Zepter, après un Irlandais, une Italienne et un Espagnol, le jury a récompensé un auteur norvégien, Per Petterson, choisi parmi de nombreux candidats.
    Permettez-moi d’évoquer un souvenir. Un ami écrivain me faisait part de ses réflexions : «  Alors que depuis des millénaires l’homme ressent le besoin de raconter des histoires, de les écrire, de les transmettre aux autres, tout absolument tout a déjà été dit, peint, décrit. Les couleurs de l’aube, celles du ciel et de la mer, les rapports humains, les guerres, les haines et les amours. ». Je l’ai interrompu : «  Alors, dites-moi, pourquoi continuez-vous ? ». Nullement troublé, comme s’il attendait ma question, il répondit avec un sourire timide d’enfant pris en faute : « A mon tour je cherche ma propre lumière. »
    Cher Per Petterson, avec votre style et votre pudeur, je sais que vous, cette lumière particulière, vous l’avez trouvée. Et je vous en remercie.
    Chers Amis,
    Au nom du jury que j’ai l’honneur de présider, je vais vous annoncer le lauréat du 4ème Prix littéraire européen Madeleine Zepter. Ce jury est à la fois prestigieux et impossible à manipuler. Il comprend Michel Déon, de l’Académie française, Michel Mohrt, également de l’Académie française malheureusement souffrant, Patrick Poivre d’Arvor, membre du jury Interallié, Franz Olivier Giesbert, membre du jury Renaudot, Patrick Besson, également membre du jury Renaudot, Eric Neuhoff, membre du jury Interallié, Raoul Mille (qui fut lauréat de l’Interallié), Jacques Gantier, critique littéraire à Nice-Matin, Vladan Radoman, écrivain et serbe – et moi-même. Le jury s’enrichira dès l’an prochain de Dominique Bona, membre du jury Renaudot et auteur, entre autres, d’un superbe livre sur les Claudel – Paul et Camille.
    Ce prix, généreusement doté, récompense un écrivain européen dont le roman a paru dans l’année en langue française. Il s’inscrit dans l’action de mécénat de Madeleine Zepter qui depuis quinze ans s’est vouée à l’affirmation de l’identité culturelle européenne. Madeleine Zepter est serbe. Le groupe industriel dirigé par son mari, Philip Zepter, connaît un grand rayonnement dans quarante pays du monde. Produits ménagers, beauté, santé. Le mécénat de Madeleine Zepter est impressionnant. Elle a créé à Belgrade un opéra, une maison d’édition, une galerie d’art et une maison de ventes aux enchères. Sa fondation délivre des bourses à des étudiants doués mais nécessiteux, dans toutes les disciplines. Elle a créé en outre un prix de design qui sera remis à Paris également. Que notre prix soit décerné ici et récompense un livre traduit dans notre langue signale la francophilie de son initiatrice et reflète le prestige littéraire de notre capitale. Ça fait plaisir. Un livre qui sera offert aux membres du jury et aux personnalités du mode culturel français, consacré à l’action de Madeleine Zepter, paraîtra en janvier. Patrick Besson y fait allusion dans sa chronique du Point. Ce livre décrit l’activisme louable d’une personnalité meurtrie par les drames de sa région et soucieuse de rassembler les bonnes volontés autour d’un idéal, l’Europe – et d’une approche – la culture, dans tous ses états. Madeleine a même créé récemment à Belgrade « Plume de femme », un prix littéraire destinée à une écrivaine. Le prix européen Madeleine Zepter a couronné des écrivains dont la notoriété n’a fait que s’affirmer, dans leur pays et sur le continent.
    Le premier prix a été décerné à John O’CONNOR pour son roman, L’Etoile des mers (Phœbus).
    Le deuxième prix à Margaret MAZZANTINI, pour Ecoute-moi (Robert Laffont).
    Le troisième prix à Andrés TRAPIELLO, pour A la mort de Don Quichotte (Buchet-Chastel)
    Venons au fait : le 4ème prix. Notre jury a élu – démocratiquement – l’écrivain norvégien Per PETTERSON, pour son roman : Pas facile de voler des chevaux, paru chez Gallimard et traduit en français par Terje SINDING.
    Goran PETROVIC a obtenu plusieurs voix pour son livre, Le Siège de l’église Saint Sauveur, Serbie (Seuil).
    Je félicite le lauréat – en français – et je passe la parole à Madeleine Zepter qui va lui remettre son prix. Merci de votre attention.
    Madeleine Zepter, Jacques Gantié, Per Petterson lauréat 2006, Vladan Radoman
    • Madeleine Zepter, Jacques Gantié, Per Petterson lauréat 2006, Vladan Radoman
    • Raoul Mille, Jacques Gantié, Denis Tillinac, Franz-Olivier Giesbert, Madeleine Zepter, Philip Zepter
    • Eric Neuhoff, Denis Tillinac
    • Remise du prix au Fouquet’s
    • Philip Zepter et Per Petterson
    • Madeleine Zepter et Patrick Poivre d’Arvor
    • Per Petterson
    • Ambiance Fouquet's
    • Denis Tillinac, Patrick Poivre d’Arvor, Per Petterson
    • Jacques Gantie, Denis Tillinac, Franz Olivier Giesbert, Philip Zepter, Madeleine Zepter
    • Eric Neuhoff, Denis Tillinac, Patrick Poivre d’Arvor, Per Petterson
    • Philip Zepter, Patrick Poivre d’Arvor, Per Petterson, Madeleine Zepter
    • Madeleine Zepter, Denis Tillinac, Vladan Radoman, Michel Déon, Patrick Poivre d’Arvor, Per Petterson
    • Eric Neuhoff, Denis Tillinac, Patrick Poivre d’Arvor, Per Petterson
  • Né à Manzaneda de Torio, Léon, en 1953. En 1975, il s'installe à Madrid, où il réside depuis lors. Ecrivain, poète, essayiste, il est également éditeur et journaliste. Il a travaillé pour diverses publications, notamment l'hebdomadaire de La Vanguardia et participé à des programmes culturels pour la télévision. Figure littéraire de premier plan en Espagne, Andrés Trapiello est l’auteur d’une importante œuvre poétique et de six romans dont Les Cahiers de Justo Garcia (Buchet-Chastel, 2004).

    À la mort de don Quichotte a été couronné, en 2004, du prix espagnol José Manuel Lara qui récompense le meilleur roman d’expression castillane de l’année. Dans son discours de remerciements, Andrés Trapiello a avoué qu’il en tirait une grande fierté car “même Cervantès ne l’avait jamais eu !”
    A la mort de Don Quichotte (Buchet-Chastel)
    À la mort de Don Quichotte est un roman fascinant qui prend comme point de départ la plus grande œuvre littéraire espagnole de tous les temps. C’est en effet au moment où se termine Don Quichotte de la Mancha par Miguel de Cervantès que démarre le roman de Trapiello : la lecture de son testament à peine achevée, don Quichotte meurt, entouré, entre autres, du curé don Pedro, du barbier maître Nicolas, du bachelier Samson Carrasco et de Sancho Panza. Ce ne sont là que quelques-uns des personnages de ce roman passionnant qui mêle intrigues, drôlerie et liberté. Car pour Andrés Trapiello, mais surtout pour Sancho Panza et le bachelier, À la mort de Don Quichotte est l’occasion exubérante de venger le Chevalier à la Triste Figure de la bêtise et de la méchanceté de ceux qui ont profité de sa folie... En cette « année Cervantès » qui célèbre le quatrième centenaire de la parution de Don Quichotte en 1605, À la mort de don Quichotte vient nous rappeler avec brio comment cette suite du plus grand des classiques de la littérature espagnole est appelée à devenir un classique de la littérature contemporaine.
    Excellences, mesdames, messieurs,

    En cette année du souvenir où nous célébrons le quatrième centenaire de Cervantès, la parution de son ouvrage immortel, je suis heureuse, par décision du jury, de remettre ce prix à Andrés Trapiello. Andrés, vous avez reproduit avec brio : l’humour, l’humeur, le génie de votre illustre prédécesseur. Merci Andrés. Vous avez su offrir sa revanche à Don Quichotte. Vous l’avez expliqué, vous l’avez dépouillé du risible, lui donnant une face autre que celle du Chevalier à la Triste Figure. Vous avez su écrire l’éloge de la folie douce, vous avez rendu la sagesse aux rêves….les rêves qui sont aussi nôtres. Je citerai les mots d’un des personnages de votre roman :
    « A moi aussi, il arrive mes amis, de douter et de me dire que le prix de sa folie fut minime si l’on considère ce qu’elle nous apporte à tous. Mais avant l’art, il y a la vie, avant le talent, le bon sens, et avant les grands airs, la raison, bien que celle ci revête de sévères parures... J’en ai fini messieurs... »
    Chers Amis,
    L’Europe politique est en souffrance et l’idéal qui a présidé à son édification est en berne ces temps-ci. Pourtant l’Europe existe. De la Baltique aux Balkans et de la celtitude à la latinité, l’Europe de la sensibilité, l’Europe de la culture est une réalité bien vivante, et même foisonnante. Notre héritage a beau être polychrome, nous avons en commun de quoi pérenniser ce que nous ont légué les Grecs et les Romains, les Catholiques, les Orthodoxes et les Protestants, sans négliger l’apport du judaïsme. Nous sommes les héritiers du Moyen Age, de la Renaissance, de l’âge classique, de celui des Lumières, du romantisme et de leurs succédanés.
    Nous sommes européens et les écrivains, plus que d’autres peut-être, ont conscience de la nécessité de multiplier nos dialogues et nos échanges, afin que demain, ce vieux continent retrouve son rayonnement culturel. C’est dans cette perspective que mon amie, Madeleine ZEPTER, a décidé il y a trois ans de créer ce Prix littéraire européen. Il récompense l’auteur d’un roman traduit en langue française – auteur européen bien sûr, qu’il soit citoyen d’un pays de l’Union Européenne ou d’un pays en instance – ou en attente d’adhésion, comme la Serbie-Montenegro, patrie de Madeleine Zepter.
    J’ai l’honneur de présider un jury particulièrement prestigieux, lequel a couronné successivement :
    Joseph O’Connor, pour L’Etoile des mers, et Margaret Mazzantini, pour Ecoute-moi.
    Cette année, notre choix s’est porté sur Andres TRAPIELLO pour son ouvrage A la mort de Don Quichotte (Buchet-Chastel).
    Quoi de plus européen que Cervantes – et l’Espagne du Siècle d’or. Trapiello a imaginé avec un livre remarquable, ce qui s’est passé dans l’entourage immédiat du chevalier à la Triste figure. C’est un livre drôle, émouvant et profond. Je félicite cet auteur.
    Madeleine Zepter va lui remettre son prix. Avec son mari, Philip Zepter, Madeleine est à la tête d’un groupe industriel de grande envergure, qui rayonne dans toute l’Europe de l’Est, et au-delà. Son activité de mécène culturelle est considérable. Outre le Prix, elle sponsorise un Prix du Design et elle a créé à Belgrade un théâtre qui déjà est un haut-lieu de la vie culturelle Serbe. Je tiens à la remercier au nom du jury.
    André Orizet, Denis Tillinac,Jacques Toubon, Michel Mohrt et Vladan Radoman
    • André Orizet, Denis Tillinac, Jacques Toubon, Michel Mohrt et Vladan Radoman
    • Marie-Alice Leclercq et Andrés Trapiello(Lauréat Prix Madeleine Zepter 2005)
    • Philip Zepter, Denis Tillinac et Jacques Toubon
    • Marie-Alice Leclercq et Philip Zepter
    • Raoul Mille, Vladan Radoman et Michel Mohrt
    • Discours de Denis Tillinac et Michel Mohrt
    • Remise du prix par Madeleine Zepter à Andrés Trapiello
    • Philip Zepter et Patrick Poivre d'Arvor
    • Jean Brousse, Herve Gaymard, Jacques Mailhot
    • Philip et Madeleine Zepte, Patrick Poivre d'Arvor
    • Andrés Trapiello
    • Herve Gaymard et Philip Zepter
    • Denis Tillinac, Madeleine Zepter, Andrés Trapiello
    • Atmosphère au Fouquet's
    • Raoul Mille, Vladan Radoman, Michel Mohrt, Denis Tillinac
  • Née à Dublin il y a quarante deux ans, est la fille d’une artiste peintre irlandaise et d’un écrivain italien.
    Actrice, mariée à Sergio Castellito, acteur et cinéaste, Margaret anime « Album », une émission de télévision consacrée à l’histoire récente de son pays, l’Italie.
    Elle remporte en 2002 le Goncourt italien, « Le Premio Strega ». Elle signe, avec « Ecoute-moi » (le premier traduit en français), son deuxième roman déjà traduit dans quinze pays. C’est également le scénario du film « Italia », dans lequel Pénélope Cruz est l’une des interprètes. Le film a déjà reçu de nombreuses récompenses.

    Bibliographie
    ° « Il cantino di zinco », 1994
    ° « Ecoute-moi », Editions Robert Laffont, 2004
    Ecoute-moi
    Timétéo, jeune médecin, vient d’être informé que sa fille Angela, âgée de 15 ans a eu un accident de scooter. Il assiste à l’opération menée par son collègue. Sa femme Elsa, en voyage, vient d’apprendre la tragique nouvelle. Pendant toute l’opération, c’est un film qui commence, la confession d’un père qui « parle » à sa fille. Il révèle bien des secrets de sa vie avec beaucoup de courage. De l’annonce de la naissance d’Angela à cette opération, où l’on se demande si elle va échapper à la mort, on découvre une passion pour Italia, sa maîtresse. Tout se passe entre la vie et la mort, l’amour et le désir et surtout entre trois femmes. La confession de cet homme nous tient en haleine jusqu’à la fin... Un histoire faite de souvenirs imbriqués les uns aux autres où aventures et érotisme vont et viennent comme le flux et le reflux de la mer.
    Margaret Mazzantini, aux débuts littéraires plus que prometteurs, a su à merveille décrire toute la psychologie de cet homme qui, à ses débuts, ne voulait pas être médecin tant il craignait la vue du sang. Une belle écriture... à suivre...
    Excellences, Mesdames, Messieurs, messieurs les membres du jury...
    Une année s’est écoulée depuis le début de cette aventure dont je suis très fière. Et à cet instant, mon émotion est aussi intense que celle ressentie lorsque nous avons attribué, l’an passé, à Joseph O’Connor, le premier prix de la littérature européenne portant mon nom. Je vous remercie de votre présence.
    Entre temps, l’Europe s’est agrandie, d’autres peuples se fondent aujourd’hui dans une nouvelle société où il y a encore beaucoup à faire au plan politique, économique et humain. Grâce à la contribution des membres du jury, hommes de lettres français, tous européens de cœur, cosmopolites par leur vocation littéraire, nous participons à notre manière à la construction culturelle de notre nouvelle demeure. Dans un proche avenir nous verrons une Europe encore plus vaste, un jour, rapidement je l’espère, la Serbie mon pays d’origine surmontera ses difficultés pour se joindre à ce grand projet. Devançant la politique, nous avons élargi cette année la sélection aux auteurs venant d’horizons encore plus lointains, de pays qui attendent leur adhésion à l’Union européenne.

    Je suis heureuse de remettre ce prix à Margaret Mazzantini, écrivain qui a su nous bouleverser avec son roman «Ecoute moi ». Elle a su raconter, toucher presque, ce sentiment, cette passion, si complexe et pleine d’ambiguïté qu’est l’amour. Margaret a dit «écoute moi»... Nous l’avons entendu...

    Je vous remercie de votre attention...
    Nous allons procéder à la remise du deuxième Prix littéraire européen Madeleine Zepter. Ce prix, vous le savez, récompense l’auteur du meilleur roman d’un écrivain européen, paru en langue française dans l’année.
    Meilleur, selon le jury que j’ai l’honneur de présider. Il comprend deux académiciens - Michel Mohrt et Michel Déon, qui malheureusement n’est pas des nôtres aujourd’hui, pour raison de santé impérieuse -, ainsi que Patrick Poivre d’Arvor, Franz-Olivier Giesbert, Patrick Besson, Raoul Mille, Jacques Gantier et Vladan Radoman. Une absence nous désole, celle de mon ami, de notre ami, Yves Berger, qui était membre du jury, et pas le moins passionné dans nos délibérations. Cet écrivain dont l’œuvre a été maintes fois distinguée par d’autres jurys, cet éditeur influent, cette personnalité éminente du monde littéraire parisien avait gardé un cœur d’enfant pour aborder un livre, s’y plonger, le défendre au besoin. Que Marie-Claire Berger, ici présente, sache à quel point nous manque ce sudiste jovial, plein de culture et de malice, fidèle à ses amis.
    La fondatrice de ce prix est mon amie Madeleine Zepter. La famille Zepter, Serbe de Belgrade, a créé et dirige une importante entreprise industrielle qui produit et commercialise dans toute l’Europe, spécialisée dans les services de table, la cosmétique et la joaillerie.
    En fondant et dotant ce prix, Madeleine Zepter a voulu signifier l’importance de la culture dans l’édification difficile et patiente d’une Europe unie et spirituellement fertile. Car si l’Europe politique progresse lentement, l’Europe culturelle existe : nous savons tous ce que nous devons à Jérusalem, à Athènes et à Rome. Sur le terreau judéo-chrétien et gréco-romain, nos peuples ont tissé une civilisation à la fois plurielle et homogène dans ses présupposés métaphysiques, ruraux, esthétiques, juridiques. Issue d’une région particulièrement éprouvée par nos divisions historiques, Madeleine Zepter a souhaité qu’un Prix littéraire, basé à Paris – quel honneur pour les lettres françaises ! – témoigne de son attachement à l’idée européenne. Bien entendu, les Balkans appartiennent à l’Europe telle que la civilisation occidentale l’a tissée, et je souhaite vivement que la République de Serbie-Monténegro puisse rejoindre l’Union Européenne le plus rapidement possible. En quelque sorte, nous précédons l’Histoire puisque nous avons décidé que les écrivains des pays balkaniques puissent concourir au Prix Madeleine Zepter.
    Maintenant le verdict, avant de passer la parole à Madeleine. Le Prix Européen Madeleine Zepter a été décerné cette année à Margaret MAZZANTINI pour son roman, Ecoute-moi, paru aux éditions Robert Laffont, dans une traduction de Vincent Raynaud.
    Je vous félicite, Madame Mazzantini. Vous êtes un écrivain et une personnalité littéraire très connue en Italie et d’ailleurs votre roman a fait l’objet d’un film. Le réalisateur est Sergio Castellitto, votre mari.
    Madeleine Zepter va vous remettre ce prix.
    Merci à tous.
    Madeleine et Philip Zepter en compagnie de la Princesse Marina de Savoie et le Prince Victor Emmanuel de Savoie
    • Madeleine et Philip Zepter en compagnie de la Princesse Marina de Savoie et le Prince Victor Emmanuel de Savoie
    • Philip Zepter, le Docteur Michael MC Namara et Marie-Alice Leclercq
    • Denis Tillinac, Madeleine Zepter, Margaret Mazzantini et Sergio Castellitto
    • Margaret Mazzantini, lauréate du Prix 2004, Madeleine Zepter, Présidente d’honneur du jury, Denis Tillinac, Président du jury
    • Philip Zepter, Madeleine Zepter, Peter Handke
    • Madeleine Zepter, Denis Tillinac et Margaret Mazzantini
    • Margaret Mazzantini
    • Lepa  Radunovic et Massimo Gargia
    • Ambiance Plazza Athénée
    • Sergio Castellitto, Margaret Mazzantini, Massimo Gargia
    • Raoul Mille
    • Anne Procurer , Vladan Radoman, Raoul Mille, Marie Alice Leclerc, Noëlle Bine Muller
    • Franz Olivier Giesbert, Madeleine Zepter, Denis Tillinac, Margaret Mazzanitini
    • Ambiance Plazza Athénée
    • Madeleine Zepter, Margaret Mazzantini, Denis Tillinac
  • Né à Dublin en 1963.

    Il est désormais considéré comme l'un des trois ou quatre romanciers les plus sûrs de la nouvelle littérature irlandaise. Découvert en France à travers un recueil de nouvelles du genre grinçant (Les Bons chrétiens, Phébus, 1996), consacré des deux côtés de l’Atlantique dès la sortie de son roman Desperados (Phébus, 1998), il cultive une manière bien à lui de dynamiser les apparences : à son service, un mélange explosif de réalisme brutal, d'humour ravageur... et de compression sans limites.

    Egalement disponible en français : A l'irlandaise (Laffont, 1999), Le dernier des Iroquois (Phébus 2000) et Inishowen (Phébus, 2001).
    L'Etoile des mers
    Printemps 1847. L'Etoile des mers, capitaine Josias Lockwod, quitte l'Irlande pour New York avec son lot de passagers qui incarnent à eux seuls le passé, le triste présent et l'improbable avenir de leur drôle de terre. La Grande Famine s'achève dans l'horreur et la seule issue, pour la plupart des habitants de l'île, a nom exil.
    A bord, une quinzaine de privilégiés se partagent les cabines de 1ère classe : une famille de propriétaires anglais établis depuis longtemps dans la verte Erin et récemment ruinés, leur servante au grand cœur naguère réduite la brutalité des hommes à la condition de putain, un journaliste new-yorkais, un homme d'église, un maharajah curieux de découvrir le monde. Et plus bas, coincés dans l'entrepont, quatre cents passagers ordinaires entassés dans la pire promiscuité et bientôt décimés par le typhus. Parmi ces derniers, un tueur qu'on surnomme le "Fantôme", stipendié par un groupe d'extrémistes, et qui rêve d'exporter ses rêves de violence jusque dans le Nouveau Monde...

    L'Etoile des mers – on peut faire confiance au rusé O'Connor – n'est pas pour cela un roman historique ; plutôt un roman qui se sert de l'Histoire pour secouer assez méchamment le présent – notre présent.

    De tous les romans publiés jusqu'ici par l'auteur (désormais traduit en vingt-huit langues), celui en tout cas qui a reçu et de loin, le plus bel accueil tant auprès des critiques que des lecteurs.
    Excellences, mesdames, messieurs,

    Je vous sais infiniment gré d’avoir bien voulu m’accompagner dans le lancement de cette aventure : la création d’un prix littéraire.
    Editeur dans mon pays, aujourd’hui la Serbie-Monténégro, je suis cependant plus coutumière d’actions entreprises dans le cadre de Fondations liées à l’opéra, aux arts plastiques, ou encore consacrées aux bourses universitaires. Ce Prix qui concerne l’Europe sera décerné en France dont la langue nous est particulièrement chère. Pourquoi l’Europe ? Pourquoi l’Union européenne ? Le choix est sans doute révélateur d’une ambiguïté : si nous avons le sentiment d’appartenir à la « Vieille Europe », nous restons néanmoins sur le versant de « l’Autre Europe », celle qui n’a pas encore accès à la « Nouvelle Europe ». Celle constituée par les vingt-cinq pays pressentis et qui ont manifesté ou manifesteront, comme vient de la faire la Pologne, leur volonté d’adhésion. Sans prétendre m’identifier au désir d’européanité qui fut celui des grands initiateurs, Jean Monnet ou Robert Schuman, pourquoi ne pas suivre simplement des chemins qui conduisent vers plus de compréhension ? Europe de l’Esprit, Europe des Hommes, Europe des Lettres : user de la littérature pour décrypter les continents, c’est aussi revisiter cette terre de richesses et de diversité culturelle dans le respect des individualités.
    Je suis heureuse de vous recevoir aujourd’hui dans cette demeure des Princes Karadjordjevic dont la destinée s’est un temps confondue avec celle de mon pays, de me permettre de faire revivre ces murs dans une telle circonstance, renforçant ainsi nos liens culturels, nos liens d’amitié, tous deux très anciens, entre la France et la Serbie.
    Excellences, mesdames, messieurs, je vous remercie de votre soutien, comme je remercie les jurés d’avoir bien voulu adhérer à cette idée d’un prix littéraire européen.
    Ecrivain français « venu d’ailleurs », j’ai l’honneur de présenter le Prix Littéraire Européen Madeleine Zepter. Inspiré par Madeleine Zepter, enthousiasmé par l’idée d’élargissement culturel, par la fraternité des hommes de lettres sur tout l’espace de l’Union européenne, j’ai pris en charge l’organisation de cet événement.

    Un continent en mouvement, des structures politiques évolutives, une communion des langues, des traditions et des esprits qui reste à bâtir ; nous avons souhaité, à notre échelle, participer à une telle aventure.

    Générosité et curiosité esthétique n’ont cessé de s’accorder au fil de l’Histoire. Mariage parfois tumultueux, la Fortune et l’Art, couple bouillonnant, apparemment peu prédestiné à la cohabitation, a le grand mérite d’avoir survécu à l’épreuve des siècles. Dans la tradition des mécènes serbes et français, Madeleine Zepter, appartenant au monde de l’industrie, s’est déjà investie dans de nombreuses réalisations culturelles et humanitaires en Yougoslavie, en Ukraine, à Madagascar. En créant le Prix Littéraire Européen, elle anticipe le politique, valorise l’imagination et l’esprit d’une fédération qui ne cesse de s’agrandir.

    Tel que nous l’avons formulé, ce prix récompensera le roman d’un auteur issu d’un des pays de l’Union européenne, traduit et publié en France, ou un écrivain de même origine écrivant en langue française. Notre patrie de naissance n’entre pas pour le moment dans ce cadre et nous le regrettons. Puisse cette création contribuer, même modestement, à l’intégration rapide de la Serbie-Monténégro à la communauté européenne.

    Nous remercions les personnalités constituant le jury d’avoir bien voulu adhérer à cette idée.
    Joseph O’Connor, Madeleine Zepter, Michel Rocard, Denis Tillinac, Philip Zepter
    • Joseph O’Connor, Madeleine Zepter, Michel Rocard, Denis Tillinac, Philip Zepter
    • Comte et Comtesse Charles-Antoine d’Assche entourant Massimo Gargia
    • Raoul Mille, Vladan Radoman, Michel Mohrt, Denis Tillinac
    • Philip Zepter, Madeleine Zepter, Goran Paskaljevic
    • Patrick Besson, Michel Déon (Académie française)
    • Joseph O’Connor (lauréat), Jean-Pierre Sicre (directeur des Editions Phébus)
    • Michel Mohrt (Académie française), Yves Berger, Denis Tillinac, Joseph O’Connor (lauréat), Madeleine Zepter, Raoul Mille, Patrick Besson, Jacques Gantié, Vladan Radoman
    • Joseph O’Connor, Yves Berger, Madeleine Zepter
    • Madeleine Zepter, Michel Rocard, Princesse Barbara Von Lichtenstein
    • S.A.R. le Prince Victor Emmanuel de Savoie, Madeleine Zepter, Michel Rocard
    • Madeleine Zepter et Franz-Olivier Giesbert
    • Ambiance : Plaza Athénée
    • Les membres du jury avec Michel Rocard
    • Michel Déon et Joseph O'Connor avec l'éditeur
    • Joseph O’Connor , Madeleine Zepter, Denis Tillinac, Raoul Mille
    • Lepa Radunovic et Denis Tillinac